Mis à jour le 23/01/2024 par Bistrot de Pays

Créer un bistrot dans sa commune : témoignage d'une maire

Créer un bistrot dans sa commune, c'est le souhait de nombreux maires. Certains ont sauté le pas ! Témoignage de Camille Feller, Maire de Montlaux dans les Alpes-de-Haute-Provence.

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Montlaux, au pied de la montagne de Lure, son village abandonné, seul sur son piton rocheux, et sa mairie, flambant neuve, à quelques hectomètres de là. Dans cette commune des Alpes-de-Haute-Provence, jusqu’alors dépourvue de commerces, un restaurant est sorti de terre en mai 2022. «  Nous voulions offrir une vitrine aux quatorze agriculteurs de la commune », explique, la maire Camille Feller, à l’origine de cette réalisation.

Le village crée son bistrot

L’idée de créer un établissement ex-nihilo est née en 2016. « Accompagnée de A à Z par la Fédération des Bistrots de pays », la municipalité a bâti un projet ambitieux qui comprend la construction de la mairie et juste à côté, celle d’un vaste restaurant aux normes PMR, de 80 couverts en comptant la terrasse, avec un logement pour les gérants. L’État, la région, la communauté de communes, l’Europe par le biais du Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural) ont financé le chantier. La commune a complété le budget de 800 000€ avec un emprunt de 200 000 €. « C’est un gros investissement pour un village de 205 habitants. Si on voulait attirer un chef, il fallait un bel équipement », justifie Camille Feller. Lorsqu’elle a déposé son annonce, la municipalité a reçu une quarantaine de candidats. Dans le cahier des charges : travailler avec les agriculteurs locaux, être ouvert toute l’année et candidater au label Bistrot de pays. En échange, la mairie propose un bail de trois ans renouvelable, une licence IV, pour un loyer représentant 6 à 7% du chiffre d’affaires.

Pourquoi avez-vous créé un bistrot dans la commune ?

Il n’y avait plus de commerce dans notre village depuis les années 90 et on avait une forte demande de la population. On a fait appel à la Fédération des Bistrots de Pays dès le début de notre projet en 2017 pour être bien conseillés par des professionnels de la restauration. Ils nous ont aidé entre autres à faire construire un restaurant ergonomique, à recruter un gérant parmi les 80 candidatures reçues, à choisir un mode de gestion et aujourd’hui encore on est en contact. On s’est lancé dans un projet ambitieux pour une commune de 200 habitants. Les conseils de la fédération ont été judicieux et nous ont évité de faire des erreurs.

Il n’y avait plus de commerce dans notre village depuis les années 90 et on avait une forte demande de la population.

Le chef cuisine durable

Venus du Trièves, c’est Amandine Ville, diététicienne de formation, et son compagnon David Lopez qui ont remporté la mise. Le couple a débarqué en terre provençale en 2022, dans l’idée de « revenir à l’essentiel, d’être dans le développement durable ». Au Moularain, ils ont assemblé les ingrédients pour dresser une jolie table en circuits court. « En quelques mois, nous avons trouvé tous les produits dont nous avions besoin dans un rayon de dix kilomètres. Agneaux, farines, œufs, fromages, légumes… même la bière vient de Montlaux. À chaque fois, on informe les clients de leur provenance », dit David qui travaille les carcasses entières et a installé un joli fumoir au dos du bâtiment. À l’intérieur, dans une salle ouverte sur les prairies et les chênaies environnantes, il sert des plats hauts en couleur, des tripes d’agneau de Montlaux, « des terrines cuisinées avec les avants », ou une volaille du village voisin de Sigonce, rôtie au miel et aux épices. Un délice. En moins d’un an, le Moularain est devenu une prisée. « Le résultat est au-dessus de nos attentes », confient Amandine et David.

Qu’a apporté ce Bistrot de Pays à la commune ?

Ça change tout d’avoir un commerce ! C’est important en terme d’attractivité. Le bistrot a ouvert en mai 2021 et en quinze jours le bouche à oreille avait opéré, c’était complet. La cuisine y est très bonne et ça se sait. Je travaille à 45 mn et des collègues ont découvert mon village grâce au bistrot. Le restaurateur cuisine avec des produits bio et locaux et achète sa viande à nos éleveurs, même chose pour les oeufs, la farine, les légumes, le pain…
Économiquement, c’est bien pour chacun. Ça valorise aussi les maisons d’avoir un commerce à proximité.

Comment aidez-vous concrètement le bistrot ?

On fait appel à ses services au maximum pour faire les repas de la commune, celui des aînés... Nous avons une animation musicale tous les mois dans le village. A chaque fois, le bistrot propose un repas à emporter ou sur place. Il joue le jeu en faisant un petit prix. On le soutient aussi dans sa communication sur nos réseaux et nos lettres infos communales.

 

 

En savoir plus sur le Bistrot de Pays de Montlaux : le Moularain

 

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